Le bordel de la reine.

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 Comadz (concrete)

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Alexe La Queen
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Messages : 45
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MessageSujet: Comadz (concrete)   Dim 12 Fév - 16:17

Il prend ta main et ton coeur fait un bond dans ta poitrine. Parce que c'est pas normal, c'est pas habituel. Parce qu'il te tire et tu suis. Parce que vous marchez dans les couloirs sombres, mains dans la mains, comme deux tapettes. Parce qu'Al pourrait passer par là, Marshall, n'importe qui. Parce que t'aurais plus d'excuses, s'ils savaient, t'aurais plus à te cacher, t'aurais plus rien à perdre. T'aurais plus à le cacher, vous cacher. Parce que ça te serre le ventre, vos doigts enlacés. Ça fait tellement mal, parce que c'est tellement doux, ça te donne envie de le baiser, de faire renaître les tigres, qu'il arrache la peau de tes mains, qu'il te gifle en te disant comme tu vaut rien, comme il t'aimera jamais, comme il sera plus jamais doux avec toi. Qu'il te donne toutes ses excuses pour pas assumer, parce que tu feras quoi, sans, tu sera foutus et tu veux, t'es pas prêt à être foutu. Même si tu l'es, tu l'es déjà quand il sourit, quand tu ne peux pas retenir le tiens, qui naît, même si tu te sens honteux de ton coeur qui chantonne. Tu lui hurles de la fermer, mais il comprend pas, il parle pas espagnol, ce gros con. Tu verras. Et tu vois déjà la folle qu'il fera de toi, ce soir. Tu t'imagines déjà, rentré en talons hauts, avec une perruque, le boa en plume et le rouge à lèvres étendu partout sur ta sale gueule de bois. Tu t'en fous, tu lui offres tout ce soir, ton corps, ton coeur, tu seras ce qu'il veut. Parce que sinon, t'as peur de n'être rien du tout.

Et tu sais même pas où vous êtes, où vous allez. Tu t'imaginais le métro, puis un squatte à tapette, un bordel, tu sais pas. Pour te rendre jaloux, alors qu'il se ferait prendre, et qu'il en prendrait d'autre. Tu savais même pas si tu trouverais pas ça sexy, même si ça t'enragerais comme pas possible. Il te tire sur le côté, avec son sourire qui fait encore naître le tien. Pourquoi il te fais ça. Et ce qu'il te chuchotes est loin de te rassurer. En gros, c'est ta faute et s'il en crève, ce sera ta faute aussi. Mais tu sais pas, tu sais pas si tu arriveras à le laisser, tu comprends même pas, mais t'as pas envie de le laisser, t'as pas envie d'être ailleurs que contre lui, avec vos mains jointes. C'est là, qu'elle vaut la peine, la vie. Non. Non, pas ok. Il est beau, quand il mord sa lèvre tremblante. Tu voudrais juste le baiser contre la grille, pourquoi t'as toujours envie de lui, pourquoi tu penses toujours à lui, c'est épuisant. Sauf que sa main te quittes pour attraper un caddie, et tu regardes l'autre côté de la grille. Vous allez foutre quoi putain ? Il te dit de reculer et ton coeur se met à battre la chamade, ça s'empire quand il sort le flingue. Et il électrocute ton ventre, parce qu'il est putain de séduisant, avec un flingue entre les doigts. Tu ne respires plus, tu respires rarement, avec lui. Tu voudrais juste qu'il le fasse glisser entre tes lèvres encore et que tu le suces, le flingue, jusqu'à ce qu'il t'explose dans la gueule. Et tu t'en ficherais de crever comme ça, au bout de l'orgasme de son fusil. Et il s'agenouille près du rideau de fer, qu'il arrive à crocheter. Pas mal, pas mal le petit. Tu l'as déjà fait aussi, pour des appartements, des voitures, mais jamais un supermarché en pleine nuit. Et il soulèves le rideau en tentant de ne pas faire de bruit. Et ta main se pose sur la sienne.

« Attends. On fait quoi. Tu veux voler quoi, il nous faut un plan, y'as des caméras, un système d'alarme, tout ça... » Que tu paniques un peu. Relevant ton capuchon sur ta tête, ressortant un petit bandana du fond d'une poche. Puis, au mouvement suivant, tes mains attrapent sa tête. « Attends ! » Que tu grognes avant de le coller contre toi, l'embrasser avec toute l'adrénaline qui passe dans ton corps. Tu l'embrasses de tout ton putain de coeur, avec de la rage, de la peur, de la douceur, de l'envie, de l'amour, tout ce que t'as pas à lui donner. Jusqu'à ce que le souffle te manque. Juste au cas, où la police le flingue, te flingues, parce que t'es pas blanc, parce que t'as pas de visa, pas de nom, que t'es personne. Juste au cas, tu lui dis adieu, comme tu devrais lui dire adieu à chaque fois, parce que tu sais jamais, s'il voudra plus de toi ou s'il se fera pas coffré, ou éclaté, ou toi aussi, pas un chinois, un espion, un nazi. Sauf que souvent il te laisses pas le temps de lui dire au revoir, il te fous à la porte sans rien. Ciao. Adieu. Adieu Coma... Mais j'aimerais ça que personne partes, qu'on dure toujours. Et tu rêves déjà, de l'argent, de t'enfuir avec lui, d'aller à Cuba, boire et baiser comme des cons, de lui présenter ta mère. Mi novio.
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Alexe La Queen
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MessageSujet: Re: Comadz (concrete)   Dim 12 Fév - 16:18

Tu aurais pu t'en contenter, de la vie plus ou moins rangée du petit pédé du coin, de la petite racaille du bas de l'immeuble, de la victime aux poings trop faibles. Vivre, survivre au plus, et te contenter de regarder le monde d'en bas, perché sur ton immeuble crasseux, la clope dans la bouche, le flingue invisible sur la tempe. T'aurais pu te contenter des mots écorchés sur tes cahiers, des murmures dans ta tête malade, des poings serrés. Mais il te fallait plus, sans cesse plus, l'adrénaline, le risque, vibrer,
vibrer
et ses bras.
Et ses bras, et ses mains, et sa voix. La peur, les tremblements, les soupirs. Tu ne lui diras pas, tu en lui diras jamais, mais quand t'étais avec lui, avec les poings ou les reins, tu te sentais vivant. Vivant comme jamais auparavant, comme si avant tu n'avais été qu'une carcasse attendant qu'on la réveille, comme un insecte pris au piège. Rien, rien de comparable à lui, jamais. Ça te faisait peur, la façon dont ton corps vibrait en sa présence, l'animal féroce lâché au premier regard, c'était pas toi, jamais toi, mais c'était bon putain. Tu n'étais pas un autre, avec lui. Tu étais toi, version améliorée, 2.0. sans les angoisses, sans les peurs, juste le courage et la férocité, l'envie d'avoir quelque chose à prouver, de s'élever au-dessus du caniveau. Alors tu te laisses emporter, et ton cœur dérape, parce que tu commets un crime (pas le premier), parce qu'il est là (qu'il ne compte pas partir). C'est un peu, c'est déjà beaucoup. Ta tête se relève en même temps que le rideau presque trop facile à crocheter, quand il t'interrompt. T'es un peu déçu, tu dois l'avouer. Parce que tu pensais que Badz, contrairement à tous les autres, ne penserait pas aux conséquences, parce que tu pensais qu'il te suivrait quoi que tu fasses. Tu hausses simplement les épaules. Tu t'en fous, tu n'as rien à voler, c'est le fait de voler qui compte. L'adrénaline. Tu sais qu'il n'y a ni caméras ni alarme dans ce supermarché, juste un foutu vigile qui doit être endormi à cette heure ci. C'est pas la première fois, c'est aussi pour ça que tu te sers souvent ici en pleine journée. Sauf que là, c'est différent, tu n'y entres pas pour survivre.
Tu y entres pour vivre.
Et t'as pas l'intention d'y rester ce soir.
Quand il te tire vers lui, et que ses lèvres s'écrasent sur les tiennes presque désespérément, tu t'accroches toi aussi, un instant. Le risque qui pulse dans tes veines et autre chose dans le trou béant qui te sert de cœur. Si ce soir tu finis en taule, au moins t'auras vécu. Si ce soir tu crèves par une balle perdue, tu le feras avec le goût de ses lèvres sous la langue. C'est beau c'que tu penses. Tu te sens comme le Clyde de sa Bonnie. D'ailleurs, tu souris. Un clin d'oeil.

« On va rien faire de bien méchant. Arrête de flipper. »

Mais tu prends sa main pour la poser sur ton cœur. Il bat comme un foutu lièvre en pleine course, fort, rapide. La lune voilée qui éclaire son visage un peu inquiet, tu mords sa lèvre inférieure avant de le tirer à l'intérieur du bâtiment sombre. Et tant pis, si on vous surprend. Tu cours trop vite pour qu'on vous attrape.

Les néons s'allument automatiquement comme dans une chambre froide. Les rayons à perte de vue aux allées sombres et vides de gens. La foule s'est éteinte, tu frissonnes un peu, comme entouré de fantômes. Mais ce n'est pas le moment de se dégonfler. Capuche sur la tête parce qu'on ne sait jamais, tu attrapes le caddie resté en arrière. Et tu jettes un coup d'oeil à Badz, qui semble aussi impressionné que toi. Puis tu cours.
Tu cours
tu cours,
tu te laisses glisser, les pieds qui sautent sur le caddie, entraîné dans ta course folle,
à toute allure, le rire qui défie le silence de mort.
Ce soir, tu refuses ton sort.

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Comadz (concrete)
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