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 Comadz (traitre)

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Alexe La Queen
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Messages : 45
Date d'inscription : 12/02/2017

MessageSujet: Comadz (traitre)   Dim 12 Fév - 16:27

Deux mois,
onze jours
vides.
Deux mois, onze jours gris.
Deux mois et onze jours dans le silence.
Tu es passé par toutes les phases.
Le déni
la tristesse
la colère
la haine, pure, dure, simple. La haine qui te consume et t'habite. Tu as appelé, des centaines de fois. Tu as cherché un fantôme dans la ville, une ombre dans les rues. Pas plus de trace de sa part que dans ton lit. Les premiers jours, tu as laissé son odeur s'effacer des draps, de l'appartement et de ta peau. Puisque de toute façon, les nouvelles allaient et venaient toujours entre vous, toi le plus détaché des deux. Il reviendrait, il revient toujours. Depuis le début, c'est toi qui appelle et lui qui court.
Mais plus rien. L'absence encore et toujours. Toi laissé en proie à tes doutes.
Est-ce que c'est moi?
Est-ce qu'il lui est arrivé quelque chose?
Qu'est ce que j'ai fait?
Et s'il jouait juste au con?
Et s'il m'avait laissé
pour de bon?

D'abord, tu étais inquiet. Alma, le traumatisme, les mots encore résonnant dans ta tête, morte dans une ruelle. Morte. Mort, comme toutes les personnes dont tu touchais l'âme. Tu savais qu'il était recherché, traqué, que les réglements de comptes pouvaient vite dégénérer. Tu as frappé à toutes les portes, questionné toutes les bouches, épluché les journaux, guetté les commères.
Et ces dernières ont enfoncé le couteau qui jusque là frôlait ton coeur.
Sur ton portable à l'écran fissuré sur le coup de la rage, tu relis, encore, encore, tes yeux te brûlent. Tu ne pleures pas. Tu ne pleures plus. Source tarie déjà faible au départ. En bonne compagnie. Alors c'était juste ça? Une lassitude, une fuite? Dans ta tête, tu es passé par tous les noms pour le qualifier, pour le haïr. Tu as frappé dans les murs, hurlé à te briser la voix. Pour quoi? Lui. Et même si, épuisé au bout des crises, tu essayais de te dire qu'il n'en valait pas la peine, qu'il ne méritait même pas un seul de tes regards, tu savais que tu te mentais.
Tu étais amoureux, à t'en déchirer les veines.
Amoureux d'un fantôme qui t'a laissé sans même un mot d'adieu.

Mais ton coeur bat encore,
et toi tu te bats, à écraser ta chair sur l'asphalte.
La vie est une pute, Coma. On te l'a appris. Elle t'a frappé en pleine gueule, elle continuera. Toi, tu te relèves et tu marches, c'est ça ou tu crèves, t'as compris. Et t'as pas besoin de lui. T'as besoin de personne, ta propre béquille ton égo, l'autre pilier ta rancoeur. Petit con un peu trop blessé. Les poings serrés sans cesse si bien que tes phalanges ressemblent à tes écrous rouillés, la mâchoire droite. Toi, tu n'es pas de ceux qui abandonnent. Tu lèves la tête et tu fonces. Droit dans le mur quitte à y rester.
Pourtant aujourd'hui, c'est encore plus difficile que d'habitude, encore plus douloureux de se lever et de tituber. Ta tête te fait mal, tu pues l'alcool. Coma, merde. Tu t'es promis de ne jamais tomber là-dedans. Pas comme le paternel à la bouteille éternelle. Le paternel qui te regarde sûrement de là-haut, caché au plus profond du ciel. Tu te montres fort pour lui, pour ses anciennes tapes dans le dos Coma Keating ne se laissera pas abattre à cause d'un petit pédé. Pas à cause de lui et pour personne. Les services sociaux sont à ta porte, tu te planques dans l'appartement chaque jour plus miteux, depuis que l'électrocardiogramme a affiché une courbe plate. Tu comptes sur ta chance pour survivre, mais tu n'en as jamais eu. Alors tu comptes sur tes pillules, éternelle source de revenus. Être honnête ça ne paye pas de toute façon. Tu sombres à nouveau.
Il neige un peu, quelques flocons qui s'infiltrent sous ton col et mouillent tes muscles engourdis. Tu remontes ta capuche sur ta tête au moment de passer la porte d'entrée qui grince à cause du froid, le pas pressé, l'envie d'en finir, celle d'être déjà dans ton lit à fixer le plafond toujours désespérement blanc et vide.
Blanc
vide
le ciel
ses yeux qui croisent les tiens
et le choc électrique jusque dans la colonne vertébrale.
Il est là, comme un monstre de chair et d'os, il se tient devant toi et l'ombre reprend vie. Tu avais presque oublié son visage, la façon dont ses yeux s'écarquillaient chaque fois qu'il te voyait. Sauf que ce n'est plus pareil, et que tu n'as pas le temps pour les formalités, les bonjour ou les nouvelles. Tu t'en fous, d'avoir de ses nouvelles, tu veux sa peau (contre la sienne ou pas). La colère bouillonne, explose comme sous pression sous le poids des questions enfouies dans ton crâne. Tout ressort mais le feu d'artifice est laid et acide, brûlant quand ta main saisit son col et le projette contre le mur râpeux de l'immeuble. Quelques mornes regard habitués des bagarres vous survolent avant de se désintéresser. Tu t'en fous. De tout. Sinon de lui. Vous vous retrouvez au premier endroit, là où vos poings se sont heurtés, où vos regards se sont croisés. Le premier endroit où tu l'as eu à ta merci. Mais cette fois, ton âme se rattache à la sienne malgré toute son envie de fuir. Et tu lui en veux et tu le hais, parce que tu es amoureux et que tu es faible, que sa gorge sous tes mains te donne envie de le serrer plus fort mais aussi de la mordre, que son putain de visage devrait être détruit et chéri, que tu veux l'écorcher vif, le tabasser, le serrer dans tes bras, à en crever, à en laisser le monde s'effondrer.
Et tu hésites à cogner mais c'est comme si tous tes membres étaient bloqués, ton esprit figé. Quelle question poser en premier, qui ne te donnerai pas (encore plus) envie de le tuer? Où t'étais? Pourquoi tu m'as laissé? Qu'est-ce qui t'a pris? Explique-moi putain, explique-moi. Je comprends pas pourquoi t'es parti comme ça.
Et putain, tu m'as manqué comme une part de moi.

Le souffle au bord des lèvres, tu suffoques sans vraiment reprendre ton souffle.
Tu le regardes, ralenti cliché, tu fermes les yeux.
Et lentement, tu sens palpiter les lambeaux de ton coeur à nouveau, cadavre secoué de spasmes.

“T'es qu'un putain d'enculé.”
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Comadz (traitre)
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